La réponse en 30 secondes Mis à jour le 30 septembre 2026
Un bailleur ne peut plus louer un logement classé G depuis le 1er janvier 2025, ni un F à partir du 1er janvier 2028. MaPrimeRénov’ lui reste ouverte avec les barèmes officiels : en parcours par geste, 5 000 €, 4 000 € ou 3 000 € pour une pompe à chaleur air/eau selon la couleur du ménage ; en rénovation d’ampleur (logement classé E, F ou G), 80 %, 60 %, 45 % ou 10 % du montant HT des travaux, dans la limite de 30 000 € HT (40 000 € HT pour un gain de trois classes). En rénovation d’ampleur, le bailleur s’engage à louer le bien en résidence principale pendant au moins 6 ans (guide de l’Anah, septembre 2026). S’y ajoutent une prime CEE (montant libre, fixé par chaque fournisseur), un éco-PTZ jusqu’à 50 000 € sans condition de ressources, et la TVA réduite.
Quels logements un bailleur ne peut-il plus louer en 2026 ?
Depuis le 1er janvier 2025, les logements classés G au sens du DPE (étiquette énergie finale supérieure à 420 kWh/m²/an) ne peuvent plus faire l’objet d’un nouveau bail ou d’un renouvellement. Ce n’est pas une menace théorique : la loi Climat et Résilience (article 160, codifié à l’article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989) l’a inscrit dans le droit du bail depuis 2021. En 2026, les bailleurs propriétaires d’un G sont donc soit déjà en infraction, soit en train de perdre des revenus locatifs parce que le bien est vacant.
La prochaine échéance concerne les logements classés F : interdiction de mise en location au 1er janvier 2028. Avec les délais de diagnostic, de montage des dossiers d’aide, d’instruction par l’ANAH et d’exécution des travaux, il faut compter 12 à 18 mois en moyenne. Le bailleur qui attend l’été 2027 pour s’y mettre prend un risque sérieux.
En France, environ 1,5 million de logements locatifs privés sont classés F ou G (source : ADEME, données 2024). Ce parc représente un enjeu financier et juridique considérable pour des centaines de milliers de particuliers.
Que risque concrètement le bailleur d’un logement classé G ?
Le régime de sanctions n’est pas celui d’une amende administrative versée à l’État, aucun inspecteur ne viendra sonner à votre porte. Le risque est judiciaire et contractuel :
- Le locataire peut demander en justice une réduction de loyer proportionnelle à l’inconfort lié à la performance énergétique insuffisante.
- Il peut demander des travaux sous astreinte judiciaire.
- Il peut invoquer le non-respect des critères de décence pour obtenir une résiliation aux torts du bailleur.
- En cas de litige, le juge peut ordonner la consignation des loyers jusqu’à réalisation des travaux.
Par ailleurs, le bailleur d’un G ne peut plus augmenter le loyer, ni à l’IRL, ni lors du renouvellement du bail. Cette règle du gel de loyer s’applique depuis août 2022 (décret n°2022-1079) et reste en vigueur en 2026. Sur un loyer de 700 €/mois, c’est une perte sèche de pouvoir d’achat face à l’inflation, soit environ 420 € par an pour une inflation à 2,5 %.
Un propriétaire bailleur peut-il toucher MaPrimeRénov’ en 2026 ?
Oui. Selon la fiche Service-Public.gouv.fr sur MaPrimeRénov’ (vérifiée le 1er septembre 2026, consultée le 30/09/2026), MaPrimeRénov’ est ouverte aux propriétaires occupants et aux bailleurs. Le barème officiel de ressources et les montants sont les mêmes ; la version précédente de cet article, qui affirmait que l’aide dépendait du profil du locataire avec des taux de 75 %, 60 %, 45 % et 30 %, n’était pas fondée sur cette fiche.
Consultez le détail des barèmes dans notre article sur les plafonds de revenus MaPrimeRénov’ 2026 par foyer.
Montants MaPrimeRénov’ 2026 pour un bailleur
| Parcours | Travaux | Aide |
|---|---|---|
| Par geste | Pompe à chaleur air/eau | 5 000 €, 4 000 €, 3 000 € (Bleu, Jaune, Violet) |
| Par geste | Dépose d’une cuve à fioul | 1 200 €, 800 €, 400 € |
| Par geste | Raccordement à un réseau de chaleur, audit | voir la fiche officielle |
| Ampleur (logement E, F ou G) | Bouquet de travaux, gain de 2 classes DPE minimum | 80 %, 60 %, 45 % ou 10 % du montant HT, plafond 30 000 € HT (40 000 € HT pour 3 classes) |
Source : Service-Public.gouv.fr, fiche vérifiée le 1er septembre 2026, consultée le 30/09/2026. L’isolation des combles et les fenêtres n’ont plus de forfait par geste.
Les conditions spécifiques aux bailleurs en rénovation d’ampleur, d’après le guide des aides financières de l’Anah (édition de septembre 2026, consulté le 30/09/2026) : le propriétaire bailleur, quels que soient ses revenus, s’engage sur l’honneur à louer le bien en résidence principale dans un délai d’un an après la demande de paiement du solde, pendant au moins 6 ans. S’il cesse de louer avant, il rembourse une partie de l’aide (1/6 par année non louée), et il s’engage à déduire le montant de l’aide des travaux en cas d’augmentation du loyer. Un propriétaire bailleur peut louer à un ascendant ou descendant. Nous n’avons pas relevé de plafond de loyer dans ce guide : faites confirmer ce point par un conseiller France Rénov’. Dans tous les cas, un professionnel RGE est exigé.
Quels autres dispositifs un bailleur peut-il mobiliser ?
CEE (Certificats d’Économies d’Énergie)
Les CEE sont cumulables avec MaPrimeRénov’. Un bailleur isolant des combles perdus ou installant une pompe à chaleur peut obtenir une prime CEE supplémentaire, versée directement par l’obligé (fournisseur d’énergie). Le montant est librement fixé par chaque fournisseur d’énergie (fiche Service-Public.gouv.fr vérifiée le 26 juin 2026) : nous n’en publions aucun, comparez les offres écrites.
Pour comparer les offres de plusieurs fournisseurs avant de signer, voir comment choisir un organisme CEE.
Éco-PTZ bailleur
L’éco-prêt à taux zéro est accessible aux propriétaires bailleurs depuis 2020. En 2026, il finance jusqu’à 15 000 € pour une action de travaux, 25 000 € pour deux, 30 000 € pour trois ou plus et 50 000 € pour une performance énergétique globale, sans intérêts, sur 15 ans au maximum (20 ans en performance globale) (Service-Public.gouv.fr, consulté le 30/09/2026). Il est cumulable avec MaPrimeRénov’. Aucune condition de ressources n’est exigée, ni du bailleur ni du locataire.
Le bien est détenu par une société civile immobilière ? Les règles ne sont pas les mêmes : voir MaPrimeRénov’ et SCI en 2026.
TVA à taux réduit
Les travaux de rénovation énergétique sur un logement de plus de 2 ans bénéficient d’une TVA à 5,5 % au lieu de 10 % ou 20 %. Sur une facture de 20 000 € HT, cela représente une économie de 900 € à 2 900 € selon la nature des travaux et le taux normalement applicable.
Quel impact sur le loyer et le bail pendant les travaux ?
Rénover un bien occupé soulève des questions pratiques que les analyses générales traitent rarement.
Les travaux nécessitent-ils de vider le logement ? Pour une rénovation globale (isolation, changement de système de chauffage, ventilation), la réponse est souvent oui, au moins partiellement. Le bailleur doit trouver une solution d’hébergement temporaire pour le locataire, ou négocier une suspension du bail, ce qui implique une perte de loyers pendant la période de travaux.
Peut-on augmenter le loyer après travaux ? En zone non tendue, oui, lors du renouvellement du bail si le bien sort de la catégorie passoire thermique. En zone tendue (Paris, Lyon, Bordeaux, entre autres), le loyer reste encadré par le plafonnement et l’IRL. La valorisation s’effectue plutôt à la relocation suivante, pas immédiatement.
Durée moyenne des travaux pour une rénovation permettant de passer de G à D : entre 3 et 6 semaines pour un appartement, 2 à 4 mois pour une maison individuelle selon l’ampleur du chantier.
Vendre ou rénover : que disent les chiffres ?
Certains bailleurs font le mauvais calcul. La rénovation d’un G pour le remettre en location n’est pas toujours rentable, notamment quand :
- Le bien est situé dans une zone où la demande locative est faible (villes moyennes, zones rurales avec vacance élevée).
- Le coût de rénovation dépasse 40 à 50 % de la valeur vénale du bien.
- Le bailleur est fortement imposé (tranche marginale à 41 % ou 45 %) et les aides ne couvrent qu’une fraction des travaux.
- Le bien présente d’autres désordres structurels (toiture, humidité, électricité) qui alourdissent la facture totale.
Dans ces situations, vendre peut être plus rationnel que rénover pour louer. Un acheteur acquérant un G ou F avec décote peut avoir des motivations différentes (résidence principale, valorisation à long terme après travaux). Le bailleur, lui, récupère des liquidités et évite les risques juridiques décrits plus haut.
Cet arbitrage est analysé en détail dans notre article passoire thermique : vendre ou rénover en 2026.
La décision repose sur cinq variables concrètes : valeur vénale actuelle, coût de rénovation estimé par un AMO, niveau de loyer atteignable après travaux, fiscalité du bailleur, et horizon de détention. Sans ces cinq données chiffrées, toute recommandation reste sans fondement.
Quel calendrier de démarches respecter en 2026 ?
Pour un bien classé F visé par l’interdiction de 2028, voici la séquence réaliste :
| Étape | Durée estimée | Commentaire |
|---|---|---|
| DPE actualisé (obligatoire) | 1 à 2 semaines | Choisir un diagnostiqueur certifié Cofrac |
| Audit énergétique (si rénovation globale) | 3 à 6 semaines | Obligatoire pour MPR parcours accompagné |
| Dépôt dossier ANAH / MPR | 4 à 8 semaines d’instruction | Ne pas démarrer les travaux avant accord de financement |
| Travaux | 1 à 4 mois | Variable selon ampleur du chantier |
| DPE post-travaux | 2 à 3 semaines | Pour valider la nouvelle étiquette énergétique |
| Total | 6 à 14 mois | À démarrer avant fin 2026 pour être serein avant janvier 2028 |
En engageant les démarches à l’été 2026, un bailleur peut raisonnablement viser une réception de chantier au premier semestre 2027, avec une marge de sécurité avant l’échéance légale.
Que faut-il retenir quand on est bailleur ?
Le cadre légal est fixé : les G sont hors location depuis janvier 2025 (article 17-1 de la loi du 6 juillet 1989, modifié par la loi Climat et Résilience), les F le seront en janvier 2028. MaPrimeRénov’ est accessible aux bailleurs, sous les conditions des fiches officielles et l’engagement de location de 6 ans en rénovation d’ampleur, avec un artisan RGE. L’éco-PTZ jusqu’à 50 000 €, sans condition de ressources, reste le levier financier le plus souple à mobiliser en parallèle.
Rénover pour louer n’est rationnel que si les chiffres le confirment après un audit sérieux par un AMO. Vendre un bien dégradé avec décote n’est pas un échec : c’est parfois le choix le plus cohérent au regard de la fiscalité et de la localisation du bien. Attendre 2027 en espérant un report législatif, en revanche, fait peser un risque juridique et financier dont les conséquences sont documentées.
Mise à jour du 30 septembre 2026 : taux « selon le locataire » retirés, barèmes alignés sur Service-Public.gouv.fr, engagement de location du bailleur précisé d’après le guide de l’Anah de septembre 2026.
Sources
- Service-Public.gouv.fr : MaPrimeRénov', fiche vérifiée le 1er septembre 2026 (consultée le 30/09/2026)
- Service-Public.gouv.fr : Certificats d'économies d'énergie, fiche vérifiée le 26 juin 2026 (consultée le 30/09/2026)
- Service-Public.gouv.fr : Éco-prêt à taux zéro (consulté le 30/09/2026)
- Calendrier d'interdiction de location des passoires thermiques : Service-public.fr
- MaPrimeRénov' propriétaires bailleurs : France-Renov.gouv.fr
- Loi Climat et Résilience, article 160 : Legifrance
- Plafonds de ressources ANAH 2026 : ANAH
- Décret n°2021-19 relatif au critère de performance énergétique : Legifrance
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Rédaction Rénov Malin
Cet article a été rédigé par notre équipe éditoriale spécialisée en rénovation énergétique, à partir des barèmes et sources officiels (France Rénov', ADEME, Anah) et de l'avis d'artisans RGE.
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