La réponse en 30 secondes Mis à jour le 9 septembre 2026
MaPrimeRénov’ Sérénité, rebaptisée Parcours accompagné depuis 2024, finance jusqu’à 50% du montant HT des travaux de rénovation globale, dans la limite de 70 000 € de dépenses éligibles, réservé aux ménages aux revenus très modestes. Trois conditions cumulatives conditionnent l’accès : un gain d’au moins 2 classes DPE (par exemple F vers D), un audit énergétique réglementaire réalisé avant travaux, et le recours obligatoire à Mon Accompagnateur Rénov’ (MAR) qui pilote le dossier. Le plafond de dépenses subventionnables grimpe avec l’ambition du projet : 35 000 € pour un gain de 2 classes, jusqu’à 70 000 € pour 4 classes ou plus. Les ménages modestes touchent 45%, les intermédiaires 30%. Piège fréquent : sans MAR ni audit préalable, le dossier est automatiquement rejeté, même si les travaux sont réalisés par des professionnels RGE.
Qu’est-ce que MaPrimeRénov’ Sérénité en 2026 ?
MaPrimeRénov’ Sérénité désigne, dans le langage courant, ce que l’ANAH appelle officiellement depuis 2024 le Parcours accompagné de MaPrimeRénov’. Ce nom a fusionné deux anciens dispositifs distincts, MaPrimeRénov’ Sérénité (bouquet de travaux pour ménages modestes) et MaPrimeRénov’ Ampleur (rénovation globale performante lancée en 2024), en un seul parcours qui vise un objectif unique : faire sortir un logement d’une mauvaise classe DPE en une seule opération de travaux coordonnée, plutôt que geste par geste sur plusieurs années.
Contrairement au parcours par geste, où chaque prime est liée à un équipement (une pompe à chaleur, une isolation de combles), le parcours accompagné finance un projet global défini par un audit énergétique et suivi par un professionnel agréé. La prime dépend du gain de performance réellement obtenu, pas seulement des équipements posés. C’est la différence structurante entre les deux logiques, détaillée dans notre comparatif Parcours par geste ou Parcours Ampleur, comment choisir ?
Qui a droit à MaPrimeRénov’ Sérénité en 2026 ?
Ce parcours s’adresse aux propriétaires occupants d’un logement de plus de 15 ans, utilisé comme résidence principale, sans condition de ressources sur l’accès au dispositif lui-même mais avec un taux de prise en charge qui varie fortement selon la catégorie de revenus. Pour vérifier dans quelle tranche se situe votre foyer avant de monter un dossier, consultez notre article sur les plafonds de revenus et l’éligibilité à MaPrimeRénov’.
Trois conditions sont cumulatives et non négociables :
- Un audit énergétique réglementaire réalisé par un professionnel certifié avant le dépôt du dossier, qui définit un scénario de travaux chiffré.
- Un gain minimal de 2 classes DPE entre l’état initial et l’état projeté après travaux.
- La signature d’un contrat avec un Accompagnateur Rénov’ (MAR), qui suit le dossier de A à Z : audit, plan de financement, réception de chantier.
Les propriétaires bailleurs et les copropriétés peuvent aussi accéder à des variantes du parcours accompagné, avec des règles de plafond et de mandat spécifiques, mais l’écrasante majorité des dossiers Sérénité concerne des propriétaires occupants aux revenus modestes ou très modestes.
Combien peut-on toucher avec ce parcours ?
Le taux de prise en charge va de 10% à 50% du montant HT des travaux selon la catégorie de revenus du foyer, calculée sur le revenu fiscal de référence et la composition du ménage, avec un barème différencié Île-de-France / autres régions.
| Catégorie de revenus | Taux de base | Bonus sortie de passoire | Bonus BBC |
|---|---|---|---|
| Très modestes (bleu) | 50% | +10% | +10% |
| Modestes (jaune) | 45% | +10% | +10% |
| Intermédiaires (violet) | 30% | +10% | +10% |
| Supérieurs (rose) | 10% | non cumulable | non cumulable |
Le bonus sortie de passoire s’applique quand le logement quitte les classes F ou G pour atteindre au moins la classe E. Le bonus BBC récompense un niveau de performance équivalent au label bâtiment basse consommation. Ces deux bonus se cumulent au taux de base, sans jamais dépasser 70% du montant HT des travaux pour un ménage très modeste (50% + 10% + 10%).
Le montant de la prime dépend aussi du plafond de dépenses éligibles, qui augmente avec l’ambition du gain de classes obtenu :
| Gain de classes DPE | Plafond de dépenses éligibles HT | Prime max (ménage très modeste, 50%) |
|---|---|---|
| 2 classes (minimum requis) | 35 000 € | 17 500 € |
| 3 classes | 50 000 € | 25 000 € |
| 4 classes et plus | 70 000 € | 35 000 € |
Concrètement, un ménage très modeste qui vise une sortie complète de passoire thermique (F ou G vers B ou A, soit un gain de 4 classes ou plus) peut prétendre à une prime de base de 35 000 €, à laquelle s’ajoutent les bonus si les paliers sont atteints. C’est le plafond de 70 000 € HT évoqué dans les communications ANAH, qui correspond au scénario de rénovation le plus ambitieux, pas au minimum d’entrée dans le dispositif.
Pourquoi le gain de 2 classes DPE est-il une condition obligatoire ?
Le gain de 2 classes DPE est le seuil en dessous duquel l’ANAH refuse d’instruire un dossier en parcours accompagné, parce que le dispositif finance un résultat de performance énergétique, pas une liste de travaux. En dessous de ce seuil, le projet relève du parcours par geste, avec des primes calculées équipement par équipement et sans obligation d’audit ni de MAR.
Ce seuil est vérifié deux fois : une première fois sur le scénario projeté par l’audit avant travaux, une seconde fois sur le DPE réalisé après réception du chantier. Si le gain réel est inférieur à l’engagement initial, l’ANAH peut revoir le montant de la prime à la baisse ou en exiger le remboursement partiel. C’est un point souvent sous-estimé par les ménages qui arbitrent entre un devis moins cher et un scénario de travaux moins ambitieux : réduire le périmètre des travaux pour économiser peut faire passer le projet sous la barre des 2 classes et faire perdre l’éligibilité au dispositif dans son ensemble, pas seulement réduire la prime.
Que change l’accompagnement par Mon Accompagnateur Rénov’ ?
Le MAR est un tiers agréé par l’État (opérateur associatif, bureau d’études ou société spécialisée) chargé de sécuriser le parcours du ménage, de l’audit initial jusqu’à la levée des réserves de chantier. Sans contrat MAR signé avant le dépôt de dossier, aucune demande de rénovation d’ampleur n’est recevable par l’ANAH, quel que soit le sérieux des artisans RGE mobilisés sur le chantier.
Concrètement, le MAR réalise ou fait réaliser l’audit énergétique, propose un ou plusieurs scénarios de travaux chiffrés avec leur impact DPE respectif, construit le plan de financement en intégrant MaPrimeRénov’, l’éco-PTZ et les aides locales, puis suit la réalisation des travaux jusqu’à la vérification finale du gain de classes. Son coût est lui-même en partie subventionné, avec un taux de prise en charge qui suit la même logique de catégorie de revenus que la prime travaux.
Sérénité vs Parcours par geste : quelles différences concrètes ?
Le parcours par geste finance un équipement isolé (isolation, chauffage, ventilation) sans objectif de performance globale, tandis que le parcours accompagné (Sérénité) finance un scénario de travaux coordonné visant un gain de classes DPE mesuré, avec audit et MAR obligatoires à chaque étape. Trois autres différences découlent de cette logique :
- Le parcours par geste ne demande ni audit ni MAR pour la plupart des gestes simples, contrairement au parcours accompagné où les deux sont obligatoires.
- Les délais d’instruction sont plus longs en parcours accompagné, du fait de l’audit préalable et du suivi MAR, mais le taux de prise en charge est structurellement plus élevé pour les ménages modestes et très modestes.
- Le parcours par geste permet d’étaler les travaux dans le temps, poste par poste, alors que le parcours accompagné suppose une opération de travaux globale réalisée en une seule campagne de chantier.
Pour un ménage très modeste propriétaire d’une passoire thermique, le parcours accompagné reste généralement le montage le plus avantageux financièrement, à condition d’avoir la capacité de mener un chantier global plutôt que des travaux échelonnés. Le comparatif détaillé des deux logiques, avec les cas où le parcours par geste reste préférable, est disponible dans notre article Parcours par geste ou Parcours Ampleur, comment choisir ?
Comment cumuler MaPrimeRénov’ Sérénité avec l’éco-PTZ et les CEE ?
L’éco-prêt à taux zéro reste cumulable avec le parcours accompagné pour financer le reste à charge après déduction de la prime ANAH, jusqu’à 50 000 € empruntables sur une durée pouvant aller jusqu’à 20 ans pour une rénovation globale. C’est le montage le plus courant chez les ménages très modestes, qui touchent le taux de prime le plus élevé mais n’ont pas toujours la trésorerie pour avancer les 50% restants avant remboursement.
Les certificats d’économies d’énergie (CEE) suivent une logique différente : dans le cadre du parcours accompagné, le financement CEE est en général intégré directement au plan de financement construit par le MAR, sous forme de prime CEE rénovation performante, plutôt que sollicité séparément auprès d’un fournisseur d’énergie comme c’est le cas en parcours par geste. Le MAR est précisément chargé d’identifier les aides locales (région, département, intercommunalité) qui peuvent s’ajouter à ce socle.
Quelles sont les étapes pour monter un dossier Sérénité ?
Sept étapes rythment un dossier Sérénité, du contrat MAR jusqu’au versement du solde de la prime :
- Prise de contact avec un Accompagnateur Rénov’ agréé et signature du contrat d’accompagnement.
- Réalisation de l’audit énergétique réglementaire, avec proposition d’un ou plusieurs scénarios de travaux et leur gain de classes DPE respectif.
- Choix du scénario, constitution du plan de financement intégrant MaPrimeRénov’, éco-PTZ, CEE et aides locales.
- Dépôt de la demande de prime auprès de l’ANAH avant tout commencement de travaux.
- Réalisation des travaux par des professionnels RGE, avec points d’étape suivis par le MAR.
- Réception de chantier et nouvel audit ou DPE de contrôle pour vérifier l’atteinte du gain de classes contractualisé.
- Versement du solde de la prime après validation finale du dossier.
Le point de vigilance le plus fréquent reste le délai : entre la signature du contrat MAR et le versement final de la prime, il faut généralement compter plusieurs mois, l’audit et le montage du plan de financement représentant à eux seuls plusieurs semaines avant même le début des travaux. Anticiper cette durée fait partie intégrante de la décision d’engager un projet en parcours accompagné plutôt qu’en parcours par geste.
Sources
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Rédaction Rénov Malin
Cet article a été rédigé par notre équipe éditoriale spécialisée en rénovation énergétique, à partir des barèmes et sources officiels (France Rénov', ADEME, Anah) et de l'avis d'artisans RGE.
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